L’art de voir l’art

Chaux-de-Fonnière d’adoption, Sophie Buhler s’est très vite attachée à sa ville d’accueil, qu’elle considère comme une véritable révélation. Inspirée très tôt par son père, qui travaillait dans le domaine de la photographie, elle reçoit adolescente son premier appareil argentique, accompagné d’un petit laboratoire de développement aménagé par ses soins. C’est le point de départ d’un regard qui ne cessera de s’affiner.

À travers son objectif, Sophie invite à ralentir, à observer, à prêter attention à ce que beaucoup ne voient plus. Son travail se concentre sur les détails du quotidien — volets, portes, fenêtres — ces éléments simples qui racontent pourtant une mémoire urbaine profonde. Pour elle, photographier relève presque de la méditation : c’est une manière d’habiter pleinement l’instant, d’être attentive à la lumière, à la matière, à l’infime variation qui transforme l’ordinaire en poésie.

Sensible aux trésors cachés de La Chaux-de-Fonds, elle en célèbre les couleurs et les textures à travers des projets participatifs comme son désormais célèbre calendrier de l’Avent photographique, publié chaque mois de décembre sur les réseaux. Fidèle à son mantra — « Sois comme un appareil photo : développe le positif à partir du négatif » — elle oppose au discours critique sur la ville un regard plein de tendresse, de curiosité et de lumière.