Où a démarré le feu? Enquête °1

Résultats d’une enquête visant à identifier précisément le lieu de démarrage du feu qui a ravagé le village de La Chaux-de-Fonds le matin du 5 mai 1794.

Sept arguments

  • 1) Il ressort, suite à des dizaines de conversations depuis plus de 40 ans, que personne ne connaît réellement les détails concernant ce sinistre. La majeure partie des gens ne savent rien. Certains s’imaginent que l’incendie commença au centre de la zone brûlée (A), d’autres parlent de la rue de la Balance (B), d’autres encore citent la rue du Grenier (C).
    Indications sur les départs du feu supposés (de A à E)

    2) Les livres d’histoires sont avares concernant les informations permettant de situer clairement l’endroit du départ de cette tragédie.

Quatre de ces ouvrages font unanimement mention de la maison appartenant à Daniel Grisard, située entre celle d’Abram Courvoisier-Faure et de Madame la lieutenante Nicolet, mais sans fournir la moindre adresse, de l’époque ou actuelle:

– Le livre de 1894 (centième anniversaire), intitulé «La Chaux-de-Fonds, son passé et son présent»: page 23.

– L’ouvrage de Raoul Cop de 2006 intitulé «Histoire de la Chaux-de-Fonds»: page 163.

– La nouvelle revue neuchâteloise n°122, été 2014, par Caroline Calame, intitulé «Feu et flammes sur nos villages»: page 19.

– La brochure de la ville de la Tchaux de juin 2024 intitulé «FEU & LIEU»: page 4

Deux autres livres mentionnent la maisons de Daniel Grisard, mais sans parler de ses voisins:

– le volume du 150e anniversaire, intitulé «1944, la Chaux-de-Fonds, documents nouveaux» situe ladite maison au sud-ouest du temple (D), page 37.

– Le livre de 1970, intitulé «Le nid de la cité, la Chaux-de-Fonds d’autrefois», d’Arnold Bolle place le bâtiment entre l’actuelle rue de la Balance et le Passage du Centre (E), à la page 65.

Le premier ouvrage de Raoul Cop de 1981 intitulé «Histoire de la Chaux-de-Fonds» ne parle que de la cheminée et du plancher en bois de chez Grisard sans mentionner quoi que soit d’exhaustif. Page 140.

Le «BON PIED BON OEIL» de 2015 est un recueil indispensable pour qui aime cette ville, mais il est malheureusement totalement insipide en ce qui concerne l’incendie. Il est navrant que la brochure «FEU & LIEU» le recommande à la page 26, tout en omettant le volume du 150e.

  • 3) Un croquis tiré de la page 40 bis du livre de 1894 nous montre la disposition de la partie du village incendié.

    Plan de la partie du village incendié
  • 4) Beaucoup d’informations émanant des ouvrages précités, et d’autres, ne sont pas concordantes. Cet état de fait, au-delà d’être un brin étrange, représente un véritable casse-tête lorsqu’il s’agit de démêler le vrai du faux. Ce point nécessitera un article supplémentaire (enquête n°10).
  • 5) Le livre de 1975 intitulé «La Chaux-de-Fonds au temps des Orléans-Longueville 1656-1707», soit n° 144 de la série «Trésors de mon pays», contient un relevé topographique daté de 1706, à la page 91, d’une valeur historique inespérée. Ce plan brouillon nous indique les maisons de Joseph Faure (F) et d’Abram Nicolet (H) avec un espace vide entre les deux (G).
    Plan topographique de 1706

    6) Si l’on compare l’aspect de la place de l’Hôtel-de-Ville moderne (point n°1) avec celle du village de 1794 (point n°3), on constate alors qu’elles n’ont ni la même forme ni la même orientation. Celle d’autrefois est plus allongée, rectangulaire, et suit un axe allant du sud-ouest au nord-est correspondant à l’orientation des anciennes fermes, alors que l’actuelle est presque carré et plus ou moins alignée sur les points cardinaux.

  • 7) La superposition du plan d’avant la tragédie, tiré de la page 100 du livre de Raoul Cop de 1981, avec le plan de 1830 nous livre enfin les localisations des bâtiments incendiés par rapport à la configuration actuelle que nous connaissons déjà.

    Superposition du plan d’avant la tragédie avec le plan de 1830

Conclusion

Si l’on admet que la cheminée de Daniel Grisard était construite à peu près au centre de sa maison, alors nous pouvons en déduire que l’incendie de 1794 à pris son départ au point (I), situé au sud du temple, entre les numéros 3 et 4 de la rue Fritz-Courvoisier.

Le point I entre les n° 3 et 4 de la rue Fritz-Courvoisier marque l’origine du feu