Ce second épisode poursuit le plomb résiduel pollueur: afin que cesse l’empoisonnement de nos organismes et celui l’environnement, il s’agirait de mieux le contrôler. Or la législation ne suit guère les recommandations médicales sur les doses minimales admissibles.
* * *
Aperçu: effets de ce toxique sur les animaux et les humains. Zoom sur le saturnisme. Pratiques d’un ferblantier travaillant le plomb. Rôle du plomb dans les réacteurs de sous-marins nucléaires, les WC et les installation électriques. Expressions dérivées.
* * *
Ce métal ductile, qui se déforme sans rompre et garde son élasticité en permanence, a été utilisé en peinture, notamment sur les pylônes des grandes lignes électriques. La recommandation n° 30 de CercleAir, la Société suisse des responsables de l’hygiène de l’air, indique les implications de la présence de ces peintures: ««Les revêtements anticorrosion des objets en acier exposés aux intempéries peuvent contenir des quantités importantes de métaux lourds comme le plomb, le zinc et le chrome, mais aussi des composés organiques (…). Les travaux d’assainissement de tels objets peuvent rejeter de grandes quantités de polluants, qui se déposent et polluent le sol et les eaux surtout près de l’objet.»
Obligation d’analyser la présence de polluants
Généralement, dans la construction, la présence de plomb est aujourd’hui traquée lors de travaux de rénovation/démolition. Le site Polludoc.ch mentionne en premier lieu «des peintures appliquées dans les bâtiments sur des crépis, métaux ou surfaces de bois». Elles contiennent des quantités significatives de pigments souvent sous forme de métaux lourds, p.ex. plomb, cadmium, chrome, zinc ou mercure.
Sols pour le sport
On retrouve là notre substance omniprésente. Qui figure aussi dans le revêtements de terrain de sport. Polludoc précise: «Les teneurs varient en fonction de l’âge et du fabricant. Ces types de revêtements pour terrains de sport se trouvent sur le marché depuis le début des années 1970 et sont largement utilisés, indépendamment de l’utilisation du terrain. À partir de 1980 environ, des produits moins polluants ont été disponibles».
En cas de travaux, attention
La prudence est donc de mise. Les précautions suivantes doivent être suivies: «S’il y a des indications explicites (par exemple des documents sur le bâtiment, des fiches de produits, etc.) qui montrent la présence de concentrations très élevées1 en métaux lourds dans les peintures ou enduits – en partant du principe que l’élément de construction (peinture y compris la fraction minérale) ne respecte pas les valeurs limites selon l’annexe 5 ch. 2.3 de l’OLED (décharge de type B) – il faut effectuer des analyses des polluants susceptibles d’être présents afin de déterminer la filière d’élimination».

Gros boulot de préparation
Ces précisions techniques montrent bien les difficultés pour les entreprises de cette branche: il faut connaitre le bâtiments, connaître la législation et ses nombreuses directives, connaître les possibilités d’élimination.
Dans le genre procédures et difficultés à déterminer où niche le plomb, l’exemple le plus frappant provient du Canada, où le couvre-fenêtre d’intérieur à cordes est surveillé de près, à cause de sa teneur en plomb. N.B, la corde est ici comprise comme toute combinaison de composants reliés bout à bout qui, lorsque toute tension est retirée, peut se plier dans n’importe quelle direction si vous aviez des doutes. On dirait chez nous un store à lamelles.
Inflation réglementaire
On compte sur la page web indiquée 35 textes de lois citant le plomb. Pour le couvre-fenêtre à cordes, la note marginale 3 indique: Les composants externes du couvre-fenêtre à cordes ne peuvent contenir plus de 90 mg/kg de plomb lors de leur mise à l’essai faite conformément aux principes énoncés dans le document de l’Organisation de coopération et de développement économiques intitulé “Les Principes de l’OCDE de Bonnes pratiques de laboratoire”, numéro 1 de la Série sur les Principes de Bonnes pratiques de laboratoire et vérification du respect de ces Principes, ENV/MC/CHEM(98)17, daté du 6 mars 1998 dans sa version française et du 21 janvier 1998 dans sa version anglaise.

Cela n’a rien à envier aux interminables notices accompagnant les logiciels. Et pour ne pas vous fatiguer le yeux nous renonçons ici à citer le textes juridiques de l’UE sur la même substance…
Quels sont les effets principaux de ce toxique sur le corps humain?
Le saturnisme à travers les âges
Pourquoi parle-t-on de saturnisme? Au Moyen Âge, les alchimistes croyaient que le plomb (aussi nommé aabam)était le métal le plus ancien et le plus froid de la Création et l’associaient à la planète Saturne. Voilà pourquoi l’intoxication au plomb est appelée saturnisme explique Wikipedia. Cette maladie est intransmissible.
Dégâts du plomb sur les organismes aquatiques
Selon l’inventaire national canadien des rejets de polluants, «la présence de plomb dans des produits tels que le matériel de pêche, les munitions et les masses d’équilibrage serait la principale voie d’exposition des poissons et des espèces sauvages. Les rejets industriels de plomb dans l’eau et l’air y contribuent également.
Les poissons et les oiseaux peuvent être exposés au plomb s’ils prennent les pesées et turluttes de pêche (équipement de pêche composé d’un leurre et d’une couronne d’hameçons) pour de la nourriture. Les grands oiseaux détritivores sont exposés quand ils se nourrissent de restes d’animaux tués par des chasseurs avec des munitions au plomb.»
Le constat est limpide: même si le plomb n’est pas directement soluble dans l’eau, ses dérivés et les résidus de vieilles tuyauteries sont ingérés par les animaux aquatiques.
Gare au brochet vorace
Les poissons carnivores qui figurent au sommet de la chaîne alimentaire dans nos lacs et rivières, comme le brochet, accumulent dans leur organisme du plomb. Ainsi, depuis une cinquantaine d’années (le plomb ajouté à l’essence y est pour quelque chose), il est déconseillé de déguster le foie de brochet, considéré comme un morceau de choix par nos ancêtres.

Passons du règne animal aux usines où travaillent des êtres humains.
Exposition au plomb au travail
Même en petites concentrations, le plomb peut s’avérer dangereux pour la santé humaine. Notons d’abord que l’exposition au plomb en Suisse a considérablement diminué depuis le début des années 1970, en raison de l’élimination graduelle du plomb de certains produits de consommation et dans l’essence.
Pourtant, l’exposition au travail demeure problématique: la base de données du système de surveillance du saturnisme (1995–2013)indique que « les jeunes dont les plombémies étaient supérieures ou égales à 50 μg/L (seuil légal français actuel, il était fixé à 400 μg en 1976) étaient essentiellement des vitraillistes, des plombiers et des couvreurs».
Dans la construction ou la mécanique, il est fréquent qu’une personne soit exposée (de manière chronique ou non) à plusieurs métaux toxiques, qui peuvent alors agir en synergie. Les études établissant des seuils de toxicité par métaux n’en tiennent pas compte.
Reconnue par la SUVA, la valeur biologique limite à ne pas dépasser est fixée à 400 µg/L de sang pour les hommes et le femmes de plus de 45 ans et 100 µg/L de sang pour les femmes en âge de procréer, histoire de protéger les fœtus à venir. Par définition, au-delà de cette valeur la maladie est quasi certaine et des mesures d’urgence doivent être prises pour réduire drastiquement l’exposition.
On admet chez nous une concentration maximale de plomb de 0,01mg/l au robinet. Ce métal lourd est presque partout présent à très petites doses dans les nappes phréatiques et les lacs où l’eau potable est pompée. D’où cette tolérance.
Saturnisme pernicieux
Le plomb — même à faible dose — est cytotoxique autrement dit, il peut altérer les cellules. Notamment les cellules souches du système nerveux central. S’il contamine l’embryon ou le fœtus, le plomb est un facteur de handicap mental, même à très faible dose.
L’ingestion ou le contact avec du plomb dégrade de nombreuses fonctions biologiques, dont l’apprentissage, même chez des invertébrés primitifs. La teneur en plomb du tissu osseux est le meilleur indicateur d’exposition chronique. Le foie, les rein et le cerveau sont aussi atteints en cascade.
Or la personne touchée ne se rend guère compte de ce phénomène lent et à peine réversible. Les médecins recourent à un traitement chélateur liant les métaux lourds suspecté d’être en excès ou en quantité toxique dans le sang. Un chélateur souvent utilisé est le Dimercaprol, injecté en intramusculaire à intervalle serrés puis réguliers durant 7 à 12 jours.
* * *
Soigner au plomb, très mauvaise idée et pourtant…
L’Azarcon est un remède de médecine traditionnelle vendu en Inde, Pakistan, Mexique, notamment pour soigner certains maux de ventre. Il se présente comme une poudre orangée et contient 86 % à 95 % de plomb, sous forme de minium de plomb et. C’est le même minium qui sert de peinture antirouille.
En Chine, des applications à base de plomb sur les entorses ont été abandonnées au siècle passé.
* * *
Le seuil de toxicité devrait être ZERO
La toxicité du plomb découle de sa capacité à circuler dans les chaînes alimentaires et les organismes, en «mimant» le comportement d’autres métaux vitaux, tel le calcium, et dans une moindre mesure le fer et le zinc. Ainsi, accumulé dans la chaîne alimentaire, il inhibe la production ou le fonctionnement de certaines enzymes, surtout celles qui transportent l’oxygène dans le sang,
Depuis des années, l’OMS répète, rapports après études, qu’il n’y a pas de seuil de toxicité pour le plomb autre que zéro.
Malgré ces mises en garde répétées, le principe de réalité économique a dicté aux législateurs de nombreux parlements nationaux la mise en place de seuils légaux. Ils ont été créés au prétexte de protéger les salariés et les enfants, mais les données scientifiques montrent que les taux admis sont dépassés.
Les enfants hyper-sensibles
Les nourrissons sont exposés via le lait contaminé de la mère ou via du lait artificiel mal préparé. L’exemple le plus connu est celui du lait artificiel réchauffé dans un samovar soudé avec un étain riche en plomb. En Europe Des intoxications d’enfants sont régulièrement constatées à la suite de l’utilisation de jouets en plomb et de faux bijoux ou objets décoratifs portés sur la peau ou que les enfants peuvent porter à la bouche.
Idem pour des jouets peints avec un enduit au plomb.
À propos de jouet, dans les année 1930, mon grand-père autorisait ses enfants à fondre du plomb dans une casserole pour le verser dans des moules. Il leur conseillait toutefois ne pas mettre leur nez sur la casserole durant la fusion… «On s’amusait bien», se remémore mon père.
N’allez pas tenter le coup avec vos gosses, c’est hyper-dangereux.
Cependant, la fonction ludique est négligeable, l’essentiel du plomb est manié par des professionnels tels les ferblantiers.
Du plomb sur les toits
Comment un ex-ferblantier s’y prend-il pour éviter les effets d’un saturnisme potentiel en travaillant sur les toitures? Nous avons rencontré Thierry Monnet, dit le Tapetôle; en chaise roulante suite à une erreur médicale, il nous a décrit quelques principes de son art de la ferblanterie. «Sachez qu’on ne fond pas le plomb, on le modèle avec précision en le pressant sur des pièces de bois pour obtenir la forme souhaitée. La plupart du temps, il s’agit de bords de garniture de tuiles, manière de raccorder de façon étanche une structure autour d’une fenêtre de toit ou une cheminée.

Il se souvient avoir réparé le long joint d’une toiture. Le propriétaire avait voulu enlever un maximum de glace: «Il voulait trop faire bien, il y est allé au marteau. J’ai dû refaire le joint de la cheneau sur toute la longueur».
Peu de plombémie sur les toits
A-t-il appris à manier le plomb avec soin durant son apprentissage: «Pas spécialement, aux cours, on nous a parlé du saturnisme et appris les précautions d’usage, mais comme on ne coule pas le plomb, il n’y a pas d’émanations vraiment risquées.»
Maestro Monnet précise que le plomb des ferblantiers s’achète en rouleau d’une épaisseur de 6 à 10 mm. Un autre artisan-ferblantier indique utiliser environ 100kg de plomb en rouleau par an. Cela correspond à environ 10% du poids de cuivre qu’il travaille chaque année.
Quant au plomb sanitaire, Thierry Monnet souligne qu’après une longue période de domination, il a été supplanté par le plastique (voir encadré Geberit).
Contacts problématique au travail
Les ouvriers des chantiers ne sont pas les seuls exposés à ce métal. Les imprimeurs, les fabricants de pneus et les policiers vivent aussi à proximité du plomb.
L’organisme humain absorbe le plomb par les voies respiratoires, digestives ou cutanées. Au travail, le plomb inhalé est la principale voie d’exposition, suivie de la voie digestive. Lors de l’inhalation de particules de plomb (poussières ou fumées), les particules fines (<1 µm) rejoignent directement les alvéoles pulmonaires, où elles sont absorbées à 95 %.
Veiller à ce que les gosses n’avalent rien
Chez l’adulte, de 3 à 10% du plomb ingéré est absorbé au niveau gastro-intestinal, tandis que chez l’enfant de moins de 8 ans, la quantité absorbée varie entre 40 et 50%. Lorsque le travailleur ramène du plomb à la maison (tels que vêtements, peau, cheveux, objets provenant du lieu de travail), il peut contaminer les lieux et les objets qu’un enfant risque de toucher avec ses mains puis les porter à sa bouche.
* * *
Couler ses balles au jardin
Sans transition, rendons-nous une fois encore, au stand de tir. Dans le cadre des 175 ans de la carabine fédérale 1851 organisée par la société des Armes Réunies de La Chaux-de-Fonds, j’ai rencontré plusieurs spécialistes du tir à l’ancienne. Certains coulent eux-mêmes les balles sphériques en plomb qu’ils poussent avec soin dans le canon du fusil. «Je les fabrique dans mon jardin, j’ai un petit four et un moule», précise François Huguenin du Val-de-Ruz (NE). «Je ne vais pas respirer les vapeurs dans ma cuisine!», souligne-t-il.
Restons dans la rubrique stand de tir. Rencontrée lors d’un cours de gym, une Jurassienne retraitée s’est souvenu avoir «enlevé au tournevis les plombs logés dans les poutres entourant les cibles. On vendait ensuite le plomb». Comme quoi le tir au petit calibre peut rapporter.
Tergiversations très helvétiques
Après avoir dans un premier temps interdit les tirs en dehors des stands dépourvus de récupérateurs de balles, la Confédération est revenue en arrière, au grand dam des écologistes qui avaient réussi à faire passer une limite claire aux tirs en campagne (fin des subventions pour l’assainissement dès 2020).
En effet, juste avant le délai fatidique (il sonnait le glas des tirs en extérieur) , le 27 septembre 2019, le Parlement fédéral a «adopté une modification de la loi fédérale sur la protection de l’environnement (LPE) afin que les indemnités fédérales pour l’assainissement des sites de tirs historiques et de tirs en campagne soient maintenues, même si des récupérateurs de balles n’ont pas été installés d’ici la fin 2020.» Entrée en vigueur le 1er mars 2020.

Tout cela pour plaire aux amateurs de fusils qui aiment tirer en plein air au mépris de toutes considérations environnementales.
* * *
Le saviez-vous?
Dans les installation électrique basse tension des ménages, le plomb a longtemps été employé pour fabriquer des fusibles en raison de sa résistance électrique élevée (dix fois celle du cuivre) et de sa basse température de fusion.
Le nom « plomb » est encore utilisé pour désigner les fusibles bien que d’autres matériaux soient employés. Cette utilisation est à l’origine de l’expression «péter les plombs».
* * *
Le plomb, le réacteur et le sous-marin
Le plomb a été utilisé comme réfrigérant à haute température, facilitant l’exploitation de la boucle fluide de refroidissement dans des réacteurs nucléaires à neutrons rapides.

Ils propulsaient les 7 sous-marins de la classe Alfa (sous-marins d’attaque rapides naviguant en profondeur) en service entre 1972 et 1983. Ils ont été mis au rebut avant la date prévue (1996).
En effet leur maintenance est trop complexe. Dans ce type de minicentrale nucléaire dit de IVe génération, le plomb fondu additionnée de bismuth (44,5 % Pb – 55,5 % Bi) se liquéfie à 125 °C et bout à 1’670 °C.
Problème: si le plomb descend en dessous de 120°C, le circuit est bouché. On ne peut donc pas arrêter ce réacteur sans devoir ensuite le démolir.
* * *
Du plomb dans les WC
Le groupe international Geberit, fut fondé à Rapperswil. en 1874 comme plomberie, puis fonderie de métaux et fabrique d’outils. Il se spécialisera dans les chasses d’eau. Les premiers modèles mis en vente étaient en bois, la caisse étant doublée au plomb pour que l’eau ne goute pas sur les utilisateurs et utilisatrices des toilettes.

L’invention du premier réservoir en matière synthétique en 1952 sonne le glas du plomb.
* * *
Pour renforcer câbles et fer à béton: du plomb
En sidérurgie, depuis la fin des années 1940, les bains au plomb dit aussi patentage ont permis de tréfiler par étirement les fils d’acier à des diamètres toujours supérieurs (7, puis 8 mm) sans les rompre, en diminuant le coefficient de frottement dans la filière. Autrement dit: cela permet d’augmenter la productivité (vitesse de fabrication + durée de vie de l’outil) tout en améliorant la qualité du produit (surface plus lisse). Le tréfilage produit un écrouissage de l’acier lequel devient plus dur plus résistant à la traction. Ce procédé fournit des aciers à haute élasticité, pour fabriquer des câbles de hauban (ponts suspendus) ou des armatures en fer à béton.
* * *
Catastrophe minière mémorable
Plusieurs centaines de tonnes de plomb ont fini, le 4 août 2014, dans trois lacs voisins lorsqu’une mine d’or et cuivre de Colombie Britannique a eu quelques soucis. La rupture d’une digue à la mine Mount Polley, exploitée par Imperial Metals, entraîne le déversement de 25 millions de m3 d’eaux usées et de résidus (soit grosso modo le volume de 10 000 piscines olympiques) dans plusieurs pièces d’eau de cette région.

«2,14 tonnes de mercure et 134 tonnes d’autres métaux lourds ont été rejetées, ce qui représente 92 % du plomb et du mercure présents dans les cours d’eau canadiens cette année-là», notent dans une lettre ouverte les autochtones Skat’sin te Secwépemc.
Dix ans plus tard, Après l’accident, Imperial Metals a obtenu un nouveau permis en 2017 et la mine a été relancée en 2022, offrant emplois et occasions économiques aux communautés locales, dit l’entreprise sur son site Internet.
Jamais Imperial Metals n’a été condamnée. Elle a dû verser 9000 $ d’amende administrative et explique avoir dépensé 70 millions $ pour nettoyer et assainir l’eau. Aujourd’hui, cette société souhaite construire une nouvelle digue. Histoire de continuer à exploiter.
Le plomb, lui, est toujours au fond des lacs.
* * *
Jungle des textes de loi applicables au plomb
La lutte contre les produits toxiques en Suisse est basée sur les textes légaux suivants:
− Loi sur la protection de l’environnement (LPE, RS 814.01),
− Loi sur la protection des eaux (LEaux, RS 814.20),
− Ordonnance sur la protection de l’air (OPair, RS 814.318.142.1),
− Ordonnance sur les atteintes portées aux sols (OSol, RS 814.12),
Ordonnance sur la protection des eaux (OEaux, RS 814.201),
− Ordonnance sur les produits chimiques (Ochim, RS 813.11),
− Ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim, RS 814.81),
− Ordonnance sur les mouvements de déchets (OMoD, RS 814.610)
Cette liste montre la complexité de l’encadrement légal. En effet, la pollution, au plomb notamment, est difficile à cerner entre ses effets sur l’eau, l’air, les sols et les êtres vivants. Les entreprises actives dans la dépollution se plaignent d’ailleurs du cheminement administratif imposant qui en découle.
Soutien
Cette enquête a été réalisée avec le soutien de JournaFONDS. Pour en savoir plus: JournaFonds.ch.
L’auteur tient à remercier MM. J.-B. Billeter, ingénieur Noé 21, G. Vuille, chimiste, F. Gretillat, bibliothécaire et S. Grandjean, géologue Géomin.






