L’HYPER BAZAR a été un succès: beau temps, beaux stands, belle ambiance. Gisèle Demierre Grandjean et Jean-Marie Tran ont passé à la table de 1000METRES.CH. Récit et anecdotes.
La première mouture de l’HYPER BAZAR restera dans les esprits: les gens souriaient, marchandaient, achetaient parfois. Pourtant l’essentiel était ailleurs: ce fut un lieu de rencontre, alliant convivialité et bonne humeur. La diversité des stands a contribué a attiser la curiosité des chaland·es. En effet, on trouvait tant des articles estampillés brocante chic que des occases à petit prix dans la section vide-greniers, des fringues dans le secteur vide-dressing et des artisan·es créateur·ices spécialisées.
Emeline Fichot, initiatrice de cette nouveauté, épaulée par Andrea Valdeavellano, a eu la bonne idée de mettre des limites claires aux type de produits mis en vente, afin que ce bazar ne soit pas submergé de fast fashion de seconde main en synthétique. HYPER BAZAR se répètera tous les samedi en fin de mois jusqu’en septembre 2026 (inscription ici) pour mieux reprendre en avril 2027.
L’atmosphère était bon enfant. Une gamine remarquait: «Ça fait un peu France, ce bazar». Il est vrai qu’on était dépaysé.
Un stand fou de sons
L’entrée est de la Place de la Carmagnole (vers la chocolaterie Christophe) résonnait des mille et une casseroles percussives présentées par Bill Holden musicien animateur. Un régal pour l’ouïe !
Face à une série de poêles savamment percées et relilées, une passante enjouée demandait: «Mais pourquoi on se casse encore à fondre des cloches si un simple poêlon antiadhésif sonne si bien?»
Gisèle aime chanter
Une dame d’âge respectable s’est invitée au popup de 1000METRES.CH: «Je peux m’asseoir? Merci».
Se remettant d’une embolie, Gisèle, infirmière, avait de le peine à souffler. Cela ne l’a pas empêchée de me glisser qu’elle adorait chanter.
«Dans les rangées de cep, sécateur à la main, mon petit-fils a dit un jour: “Elle ferait mieux de vendanger que de chanter grand-maman”. On a bine rit, c’est vrai que je chante volontiers.»
Elle a poursuivi en me récitant les paroles d’une comptine qu’elle chantait dans son enfance (il s’agissait que je note précisément la strophe), avant de la chanter à tue-tête:
Y’a quatre bosses à mon chapeau
S’il n’avait pas quatre bosses, ce ne serait pas mon chapeau.
Dans la foulée, souvenirs, souvenirs, Gisèle Demierre-Grandjean (j’ai appris son patronyme lorsqu’une connaissance l’a apostrophée) m’a glissé un message que sa grand-mère, paysanne dans le Vully, adressait au croque-mort:
– Enterreur! La sorcière est morte. Creusez-lui sa tombe, 500 pieds de profond. Car c’est bien elle qui mettait de l’eau dans mon vin!
Puis Gisèle s’en est allée chiner.
Un ambassadeur à la torrée
Apparaît alors un petit personnage bien connu, Jean-Marie Tran, le plus chaux-de-fonnier des Vietnamiens immigrés ici. L’heure était aux confidences, Tran me conte une étrange coup de téléphone:
«C’était il y longtemps un soir après 22 heures. Le numéro commençait par 031. L’appel venait donc de Berne. Généralement, je sais que les gens qui m’appellent à cette heure sont des Viets, car ils veulent avoir rapidement une réponse et n’hésitent pas à déranger.»
Le gars au bout du fil entame la conversation en en vérifiant qu’il était bien Jean-Marie Tran. Son interlocuteur lui explique qu’il est un ami de son frère.
Tran poursuit: «Intrigué, je lui pose des questions précises pour être certain que le gars connaît réellement mon frangin. C’était le cas!»
«Puis je lui demande ce qu’il fait à Berne. Il dit travailler dans une administration.
– Tiens, vous travaillez au service consulaire par hasard?
– Oui, je suis le nouvel ambassadeur du Vietnam, nommé il y a peu.»
C’est ainsi que Tran est devenu le relai du haut diplomate en Suisse.
«Je lui ai d’abord montré le canton, j’ai organisé une torrée par exemple». Emballé , l’ambassadeur(un homme tout humble, précise Tran) a souhaité rencontrer un paysan suisse. Départ pour une ferme (Tran connaît beaucoup de monde). Ainsi, le fil en aiguille, le diplomate s’est retrouvé au volant d’un tracteur!
«Il m’a dit qu’il avait appris plus en une seule journée à la campagne qu’en lisant des heures durant des dossiers sur la Suisse».
Question d’entente vite résolue
Le paysan lui demandant ce qu’il faisait, le haut fonctionnaire lui indique qu’il conduit une voiture marquée CD (Corps Diplomatique). Le paysans poursuit: «Et vous vous entendez bien avec l’ambassadeur?»
L’ambassadeur répond: «Avec moi-même, je n’ai pas de problème», sourit Tran, ravi de transmettre cette jolie histoire.
Bonnes ventes dans l’ensemble
Entre deux client·es, le gars du stand en face, le Jurassien Roland Perrilat (il avait sorti les trésors de sa cave) m’a signalé avoir bien vendu: «C’est toujours ça de moins qu’on remporte!».
Nico du stand voisin a opiné: ses bouquins se sont arrachés.
l’horloger qui tient boutique Numa-Droz 2 (Le Collectionn´Heure – Pascal l’horloger 078 735 36 46) trônait derrière ses montres et réveils vintage. Ce samedi là, il n’avait certes guère fait fortune, mais tout sourire, il estimait que c’était positif, «on est là, il fait beau, on voit des gens, c’est sympa et c’est l’essentiel».
Comme j’avais décoré la table avec un gros bouquet de dahlias, j’ai en outre pu observer de nombreuses abeilles butineuses qui n’ont pas cesser de faire des allers et retour à la ruche.
Une chouette journée, on attend le prochain HYPER BAZAR avec impatience. À vos agendas: c’est samedi prochain 26 septembre.
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Merci aux photographes Nancy Arnoux et Patrick Chollet 👏🏻



















