C’est le nom donné au lieu à vocation culturelle situé à la rue de la Balance 14. Actuellement en rénovation, il sera entièrement opérationnel au courant de l’été 2026.
L’historien membre du POP Karim Boukhris, l’un des deux responsable de cet endroit, pose un regard à la fois inquiet et confiant sur sa ville.
Inquiet parce que les effets de la mondialisation atteignent désormais tous les recoins de la planète et donc le nôtre. Dans ce monde en crise permanente (économie, COVID, guerres, concurrences) les rapports de force changent si rapidement qu’ils ne parviennent plus jamais à se stabiliser durablement. Notre ville est livrée aux spéculateurs croyant pouvoir dicter leurs réalités. Depuis les années nonante notre Pod, avec ses loyers exorbitants et ses contrats de bail d’une durée de cinq ans, n’en finit pas de mourir. Le tissu social nocturne (Cercle Catholique, Boule d’or, Français, Planète, Romantica, Centre Africain, discothèques) a quasiment disparu. Nous sommes ainsi passé d’une demi-douzaine d’endroits ouvert la nuit à zéro!
Il est surtout confiant puisque, comme l’écrivait déjà Jean-Jacques Rousseau entre 1758 et 1766, les Montagnons vivant dans nos contrées ont toujours fait preuve d’une grande créativité. Leurs rêves sont habituellement généreux. Ils sont ouvert, aiment débattre et partager. Souvent solidaires, ils savent comment s’adapter et rebondir.
Fonction du Cagibi
Une des nombreuses manière de remédier aux vicissitudes de notre monde technologique est de mettre des lieux culturels faciles d’accès à disposition des citoyens. C’est ce que propose le Cagibi.
Cet endroit est bientôt près à accueillir moult événements divers ayant trait aux transmissions ou (et) aux échanges de connaissances, de sensibilités et d’émotions.
Cela peut concerner du théâtre, amateur, semi-pro ou plus aguerri. Des expositions en tous genre, des conférences ou des contes seront les bienvenus.

Karim fretin ondulant en milieu historico-cultureux, a une préférence pour l’art vivant, comme les petits spectacles, les lectures ou les performances. Il a déjà fait une lecture dans ce local, le 31 janvier, lors de la troisième saison de ses livres relatant des affaires ayant concernées la justice neuchâteloise entre 1750 et 1850, intitulé «Capsules Criminelles».
Il n’est pas prévu de faire des réunions ayant trait à de la politique, «mais il est vrai que les conférences sont rarement neutres», dit-il d’un ton amusé.
Étant donné que le bâtiment abritant le Cagibi est habité, les activités s’y déroulant ne devraient normalement pas dépasser l’heure du souper.
Genèse du Cagibi
Au départ, «le Cagibi» est le nom de l’association que Karim a créé il y a environ cinq ans afin de gérer de petites activités culturelles et permettre de transmuter les petits cachets en salaire. Ce terme signifie humoristiquement et humblement que les manifestations se déroulant dans cet endroit n’ont pas la prétention d’être de portée mondiale mais se font à la bonne franquette et sont plutôt de derrière les fagots.

Le lieu a été déniché par Mourad Crevoisier. Ce menuisier trentenaire aime le travail bien fait, si possible manufacturé à l’ancienne. Il a démarré son activité à la Chaux-de-Fonds et s’est rapidement retrouvé à l’étroit après avoir engagé quelques ouvriers. Il a ensuite eu l’opportunité de pouvoir s’installer dans un atelier plus vaste au Noirmont. Ayant gardé son domicile et la majeure partie de sa clientèle dans la capitale horlogère, il désirait y maintenir une sorte de succursale.

Après avoir trouvé ce local lui servant de vitrine afin d’exposer son travail, il s’est dit que le volume restant pouvait peut-être servir à autre chose.
Alchimie du Cagibi
Mourad et Karim ont envie de maintenir le patrimoine. Ils se sont inspirés de ce qu’ils ont retrouvé sous les couches récentes pour donner le ton de leurs rénovation. C’est la raison pour laquelle l’aspect du lieu aura des allures d’art nouveau avec des frises végétales sur un fond vert printanier.

Les trois marches séparant le devant et le fond du local créent intrinsèquement une scène invitant naturellement à des représentations et des petits spectacles.

Cet endroit peut être utilisé une heure, un après midi, un week-end, une semaine ou un mois, tout est possible. Une lecture peut très bien cohabiter avec une exposition, par exemple. La principale contrainte, dans le cas d’une expo, étant de définir un horaire de visite avec des responsables pouvant se relayer afin de tenir la place et la surveiller.
Gestion du Cagibi
Maintenant, le but est de faire vivre ce lieu. Pour cela, Karim ambitionne de trouver des gens pour intégrer un comité constitué de deux équipes. Une consacrée aux futures animations et l’autre s’occupant de la gestion comprenant la trésorerie et le secrétariat.

Pour l’instant, le loyer est pris en charge en grande partie par Mourad et un peu par Karim. Mais par la suite, le comité de gestion sera chargé de trouver du financement. Comme, par exemple, des stands, des mécènes ou la Loterie romande. Une buvette pourrait aussi donner un petit coup de pouce.
Un site internet est en construction. Il diffusera les informations concernant cet espace culturel. Il annoncera les événements et produira quelque compte rendus. Il permettra aux futurs bénévoles de se faire connaître sur infos@le-cagibi.ch. Il sera aussi possible d’acquérir les trois tomes des Capsules Criminelles.






