Je suis un minidrone examinant la folie ayant frappé des centaines de millions d’adeptes des vignettes à coller. Inspection de la Bourse aux binettes.

Bonjour, je m’appelle Mouche le minidrone. Aux ordres de la rédaction, je talonne les échanges de vignettes Panini. J’ai sondé au sous-sol du restaurant N°9. Suivez-moi.

La cave affairée du N°9 vue de l’escalier

Deux samedi, j’ai sillonné cet espace où les cartes imprimées se troquaient plus vite que mon ombre. Les gens semblent saisis d’une rare fièvre. Elle se répand comme une trainée de Covid, tous les quatre ans.

Au premier plan, la cartothèque centrale, nerf de la Bourse

En ce lieu vouté, j’ai survolé une foule d’une densité croissante à une température en hausse constante. Le matin des Promo, c’était la folie.

Bientôt la fin des Panini!

Mon module chiffreur a saisi l’essentiel: pour remplir l’album Panini 2026 (le dernier, après c’est les Ricains qui imprimeront cette farandole lucrative) il faut collectionner 960 bobines. À 20 centimes pièce, en théorie ça revient au minimum à 192 francs.
Personne n’a jamais rempli son album d’un seul coup, comptez deux ou trois billets de cent.

Onéreuses binettes addictives

Concentrés, yeux exorbités, devant leur liste de têtes manquantes, les cartophiles sont plus sérieux que des mordus de pétanque à Marseille.

Une fillette esseulée se fait tartir sec.

Assiduité toute relative

Les couples fiston-daron sont nombreux, la fièvre se transmet de génération en génération.

Scrutons attentivement

Ballon, pognon, attrape-couillon

Mes capteurs enregistrent un mix de nostalgie et de boulimie. Car cette brocante en présentiel est menacé: le site Bildertausch.ch s’enorgueillit de 50’000 inscrits et Ricardo.ch comptabilise 20’000 échanges Panini depuis le début de la grande kermesse du ballon connecté.

Ambiance tendue

Rendez-vous samedi prochain 4 juillet au N°9 à la rue Neuve: c’est la der des der de l’échange Panini à la Tchaux.

À vous le studio pour la radiographie du ballon officiel.

Sourires helvétiques

* * *

Moi, puce du ballon trionda connecté, j’ennoblis la planète match de statistiques. Scruté grâce à moi 500 fois par seconde, le foot vit une révolution permanente! Vive Adidas, la FIFA et leur corrida.

Bonjour, je suis une unité de mesure inertielle (IMU) en contact permanent avec un serveur logé dans le petit chalet du chef Gianni Infantino près de Zoug.

Traque aux lacunes avec marqueur

J’habite un ballon rond Adidas haute technologie. J’enregistre 500 fois par seconde les coups que j’encaisse. Soit plus de 14’210’485 données depuis que vous avez commencé à lire. Je vous décortique la mécanique d’une passe décisive. Je sais quand, comment et qui me frappe. Je pourrais équiper les femmes battues.

Grâce à mes capteurs pesant 16 grammes, indétectables par le pied pointu d’une star, je transforme la manière de comprendre le football. Avec mes compétences, l’analyse tactique sur les 104 matchs du Mundial est un jeu d’enfant. Tout y est: vitesse de frappe, rotation du ballon, trajectoire de tir.
Les entraîneurs deviendront inutiles, Christian Constantin sera content.

On progresse vers le Graal

Stupéfiante habileté artificielle

Je mesure au millionième les hors jeu. La FIFA m’a sacré champion du monde du concentré de technologie piloté IA! La baballe la plus avancée jamais créé. Selon le poète-directeur général d’Adidas Football, je suis la sphère la plus visuellement ludique au monde.
Alléluia.

Les Bleus sont très recherchés

On a envie de jouer avec moi, mon vol plus stable dope la motivation des joueurs mal payés. Je supporte les variations d’altitude, de pression atmosphérique, de température. Je reste insensible aux menaces des fans. Je trace chaque contact balle-joueur.
Car plus de données signifie plus de justice sur le terrain!

Assez causé, je dois aller me recharger avant le prochain match.

À deux c’est mieux

 

PCC: Lolo, remplaçant coupeur de citron à la mi-temps aux junior C du FC Etoile-Sporting, champion de Suisse en 1919 quand les autres équipes avaient la grippe espagnole …

Photos: Raphaël Meyer

Le maître du jeu arbitre les échanges