Maître Pelletier a la confiture dans le sang

Il a participé avec un petit pot, Myrtille et Absinthe au Championnat Mondial de la Confiture en France. Il a décroché le bronze devant 140 candidats! 1000x Bravo.

Oh, il avait bien prévu d’aller aux Confituriades à Beaupuy en profonde Garonne, présenter ses petits pots. Mais voilà qu’un empêchement accidentel l’a coincé à La Chaux-de-Fonds.

Ni une ni deux, il fonce à la poste avec un petit paquet contenant deux échantillons de sa meilleure recette 2026, un délice myrtille-absinthe, bien équilibré, on ne perçoit pas trop l’amertume de l’absinthe. Juste comme il faut dirait Boucle-d’Or.

Heureuse médaille de bronze

Et quelques semaine plus tard, Michel Pelletier, 70 ans toutes ses dents (ou presque) reçoit sa mention BRONZE! En catégorie étrangère.

Diplôme du Championnat du monde de la confiture 2026

Inutile de chercher sa création dans les grands magasins ou sur internet: il ne la vend qu’au marché les samedis. Un vrai Chaux-de-Fonnier et fier de l’être!

Demandez sa carte de fidélité. Après achat de neuf confitures, la dixième est offerte.

Au boulot! On brasse, on touille et c’est bon

Revenons à ce concours gourmand.

Procédure et règlement précis

Sachez que, pour participer à un championnat du monde des confituriers, pas question d’arriver au hasard avec votre préférée pruneaux /ananas par exemple: un choix de fruits est imposé, cette année quatre fruits différents étaient ainsi à choix en catégorie créative: myrtille, cerise, framboise, cassis. En catégorie traditionnelle, l’abricot était exigé.
De plus, les consignes sont précises, c’est très technique à ce stade de compétition. Il s’agit de révéler ingrédients et pourcentages, degré Brix (teneur en sucre) et d’indiquer le procédé de fabrication. Pas de secret donc face aux membres du jury!

Les pots en compétition aux Confituriades à Beaupuy en Garonne

Je plains ces pauvres jurés, qui armés d’une cuillère, passent deux jours devant des tables de buffet interminables à puiser dans de petits pots. L’indigestion sucrée est proche, diabétiques s’abstenir.

Après les délibérations des spécialistes pointilleux, l’orgie sucré est partagée: à l’occasion d’un petit déjeuner géant, spectateurs et spectatrices peuvent à leur tour piocher dans les marmelades qui concourent.

Un brin d’histoire

Rembobinons de quelques siècles: la confiture est un produit fort ancien. Les premières traces écrites datent de 73 après J.-C . L’écrivain et naturaliste romain Pline l’Ancien, , a consacré dans sa monumentale encyclopédie «L’histoire naturelle» un chapitre à la conservation des fruits par la cuisson dans le miel. Nostradamus a rédigé en 1555 un traité sur Les fardements et confitures, à usage tant alimentaire, que médicinal. Le XVIIe siècle a été l’époque reine, quasi la consécration de l’art des confitures avec, un ouvrage-phare, le «Confiturier royal» daté de 1681. Cette somme proposait plus de 800 recettes de confitures!

Les livres signés de grands cuisinier, tel Escoffier, font la part belle à ces douceurs, parfois agrémentées de vinaigre, virant ainsi à l’aigre-doux, prisé avec les viandes. La chasse particulièrement se marie bien à la confiture d’airelles.

Affiche de la manifestation 2026

On souhaite à Michel Pelletier d’aller sur place à la prochaine occasion, ça doit embaumer, car c’est bien connu, si on fait des confitures, c’est pour l’odeur. «Après on les jette» prétendait Georges Duhamel (1884-1966) auteur prolifique. Il précisait: «J’ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures, en souvenir de leur parfum ».
Extrait des Fables de mon Jardin.

Le Grand Confiturier intronisant un nouveau membre de la confrérie