Bauer: saisir l’humain et sourire pour respirer

Bauer voulait être archéologue.
Fouinant dans les sédiments de la société, il en exhume ses travers, ses tabous, ses stéréotypes, ses risibles gloires.

Il voulait devenir chanteur.
Ses petites mélodies d’humour charment les filles, amadouent les fâcheux.

Pour la Vox populi c’est un dessinateur de presse, spécimen rare. Un statut gagné à sueur d’encre, la vie dans son extrême prévention l’ayant orienté où le justifiaient ses aptitudes
animales : sens de l’observation, esprit de synthèse,
empathie pour l’Autre, penchants taquins.

Ainsi le « Cabu du Progrès » a égayé de ses crobards des dizaines de nobles publications avec cette espièglerie tendre qui fait sa griffe.

Pour le moins c’est sa propension à «saisir l’humain» (lui dixit), qui fait sa palette : mordante quand l’actualité est délétère, bienveillante dans la caricature d’une personnalité, épurée pour un dessin érotique, poétique avec l’aventure du Cirque Plume, etc.

Ricaner pour dire que le roi est nu, ironiser face l’absurde, se marrer par dissidence, sourire pour respirer.

Oui, il faut se méfier des Bauer de ce monde parce que parfois ils disent des choses pour rigoler…

 

Merci à Frank TenailleLe Monde d’avoir accepté que 1000METRES.CH mette en ligne ce texte.